
Isabelle Souvet-Echard est née en 1980 dans le Doubs. Vit et travaille à Paris et en Islande. Photographe autodidacte et violoniste professionnelle. Depuis son plus jeune âge, Isabelle Souvet-Echard a été bercée aux sons de la musique et des déclenchements d’appareils photographiques. Sa passion pour l’objectif est né en regardant les clichés de son arrière grand-père, formant ainsi son œil. Elle pratique la photographie depuis 7 ans , mais a décidé de s’y consacrer entièrement et d’exposer en 2007.
66° La découverte de l’Islande en 2007 a été le catalyseur d’un projet global incluant prises de vues lors de plusieurs séjours dans le pays, expositions et édition, et dont nous assistons maintenant à l’éclosion. 66° est en effet une démarche qui s’étire dans un temps donné mais dont la fin n’est pas encore projetée. Chaque exposition est un des chapitres de ce livre en cours. Pour l’exposition « 66 ° », Part II organisée en novembre 2008 au 6, Mandel, Paris XVI, Isabelle Souvet-Echard a sélectionné 30 clichés noir & blanc pris en 2007 et une série de Polaroïds réalisés en février 2008. La série des polaroïds Isabelle Souvet-Echard a expérimenté des films Polaroïds périmés dans des conditions extrêmes (- 11°C et tempêtes de neige) les confrontant à la rudesse du paysage vécu. Les photos ainsi obtenues se sont révélées incomplètes, et le rendu se rapproche de l’expérience des pictorialistes de la fin du XIX ème siècle. Ces accidents liés à l’usage du Polaroïd ne doivent cependant pas occulter la manière dont Isabelle Souvet-Echard aborde la pratique de la photographie. Véritable voyage initiatique qui se déploie en des milliers de kilomètres en voiture. Le principe de la ballade comme un lâché prise alors que l’histoire a commencé à s’écrire avant même le départ et prend forme au moment de la prise de vue. Les images sont construites comme un peintre construirait un tableau avec ses rêves et ses longues heures de contemplation. Il s’agit bien là d’émotions ressenties, d’odeurs et de couleurs. Isabelle Souvet-Echard tient à la spontanéité du déclenchement de l’appareil. Les images d’Isabelle Souvet-Echard donnent à découvrir l’Islande en noir & blanc, en grand, avec une respiration, un grain qui insufflent aux paysages, aux bêtes - rarement l’homme y a sa place - une expression quasi dramatique. Le choix de l’Islande est volontaire car Isabelle Souvet-Echard se positionne comme une photographe et non pas comme une reporter ou une voyageuse engrangeant des images de divers pays. Ainsi, elle se rapproche de son sujet pour mieux en tirer son vécu, son passé sans pour autant le figer à un instant T. Simplement, elle cherche, comme nostalgique d’une enfance révolue, à en comprendre l’histoire pour nous la dérouler. Tel le Petit Poucet, elle laisse des traces contre l’oubli.
Nathalie Béreau, mars 2008
Paroles d’Isabelle Souvet-Echard
Pourquoi la photo?
Parce que cela me permet de montrer le monde tel que je le ressens.
Parce que la photo m'apporte une grande part de rêve et un caractère optimiste qui font partie de ma réalité.
Parce que la photo comme la musique est un art qui fait grandir, c'est une perpétuelle remise en question.
Pourquoi le noir & blanc?
Parce que je fonctionne en noir & blanc et que j'essaie avec le temps d'apprendre qu'il y a des nuances de gris, mais je reste malgré tout fidèle à moi-même…. Je brûle ou je gèle, la tiédeur je ne sais pas ce que c’est.
Pourquoi l'Islande?
Parce que j'aime les extrêmes.
Parce que j'aime l'immensité des paysages islandais, j'aime cette dureté, cette diversité de couleurs et de paysages. J'aime cette nature fragile délaissée, mais en même temps préservée.
La photographie et la musique
Mes projets photographiques sont toujours rythmés comme le serait une partition de musique, puisque la musique pour moi est toujours le point de départ de mes projets photos.
Une fois l'idée apparue, alors c'est cette même musique qui m'accompagnera jusqu'à l'aboutissement du projet, il peut suffir de quelques mesures, que j'écouterai encore, et encore jusqu'au bout, un peu comme une autiste.
La musique de Skuli a ainsi été le fil conducteur des Polaroïds pris en février 2008.
Quand Toscanini disait : "Il y a deux sortes de chefs d'orchestre : ceux qui ont la partition dans la tête et ceux qui ont la tête dans la partition....!", en ce qui me concerne la partition est dans ma tête, l'image aussi avant que je la réalise.
Mais même si la partition est dans ma tête, elle est une chose ; le chant que je compare ici à l'image en est une autre. Ce qu'il faut, c'est avoir la musique en tête et chanter avec le corps.
Ce qui m'intéresse également dans la photographie est le fait qu'il y ait réalité et passé.
Mon sujet a donc toujours eu un passé, une histoire, je tente alors durant un instant de m'approprier ce passé, afin de le transmettre dans mon image.
Ce qui a été photographié a donc existé et j'aime la photographie, parce qu'elle est immortelle, elle a ce pouvoir de faire revivre ce qui a été.
Isabelle SOUVET-ECHARD et Nathalie BEREAU ( mars 2008)